L’essentiel
- 10 ans pour les livres et les pièces comptables (factures, quittances, relevés bancaires, fiches de salaire), à compter de la fin de l’exercice (Art. 958f CO).
- Le rapport de gestion et le rapport de révision : 10 ans aussi, dont un exemplaire imprimé et signé.
- TVA : jusqu’à la prescription absolue, soit 10 ans après la fin de l’année civile ; 20 ans pour les pièces qui servent à corriger l’impôt préalable sur un immeuble (Art. 70 LTVA).
- Registres de la loi sur le travail (heures, pauses, repos) : 5 ans au moins après l’expiration de leur validité (Art. 73 al. 2 OLT 1).
- Scanner puis jeter le papier est permis pour les livres et les pièces comptables, si l’archive numérique est intègre, documentée et reste lisible (Olico). Pas pour le rapport de gestion ni le rapport de révision.
Pas un avis juridique. Ce guide résume le droit fédéral à la date indiquée. Il ne remplace pas l’avis de votre fiduciaire, et des règles cantonales ou propres à une branche peuvent s’ajouter.
Sur cette page
- Le tableau des délais
- Calculer la date à partir de laquelle un document peut partir
- À partir de quand le délai court
- Papier ou numérique : peut-on jeter l’original après l’avoir scanné ?
- Ce que l’Olico exige d’une archive numérique
- Après la fermeture de l’entreprise
- Données personnelles : conserver ce qu’il faut, pas plus
- En pratique : une archive qui tient dix ans
- Questions fréquentes
- Sources officielles
Le tableau des délais
Le délai de référence est celui du code des obligations : 10 ans pour tout ce qui sert à la comptabilité. La TVA, l’impôt direct et la loi sur le travail fixent leurs propres délais, qui s’appliquent en plus de celui-ci. Pour un même document, le plus long l’emporte.
- Combien de temps
- 10 ans
- À partir de
- fin de l’exercice
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 958f COArt. 1 Olico
- Combien de temps
- 10 ans
- À partir de
- fin de l’exercice
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 958f COArt. 957a al. 3 CO
- Combien de temps
- 10 ans, dont un exemplaire imprimé et signé
- À partir de
- fin de l’exercice
- Forme
- Exemplaire imprimé et signé
- Base légale
- Art. 958f CO
- Combien de temps
- Jusqu’à la prescription absolue : 10 ans
- À partir de
- fin de la période fiscale (année civile)
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 70 LTVAArt. 42 al. 6 LTVAArt. 122 OTVA
- Combien de temps
- 20 ans
- À partir de
- non précisé par la loi
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 70 LTVA
- Combien de temps
- 10 ans
- À partir de
- non précisé ; tenue et conservation selon le CO
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 126 al. 3 LIFD
- Combien de temps
- 5 ans au moins
- À partir de
- expiration de leur validité
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 73 al. 2 OLT 1
- Combien de temps
- 10 ans, en un lieu sûr
- À partir de
- radiation du registre du commerce
- Forme
- Papier ou numérique
- Base légale
- Art. 747 COArt. 590 CO
- Combien de temps
- Pas de délai légal ; tant qu’une créance peut être réclamée : 10 ans en général, 5 ans pour les loyers, salaires et travaux d’artisans
- À partir de
- exigibilité de la créance
- Forme
- Sans objet
- Base légale
- Art. 127 COArt. 128 CO
- Combien de temps
- Détruire ou anonymiser dès qu’elles ne sont plus nécessaires
- À partir de
- fin de la finalité du traitement
- Forme
- Sans objet
- Base légale
- Art. 6 al. 4 LPD
| Document | Combien de temps | À partir de | Forme | Base légale |
|---|---|---|---|---|
| Livres comptablesGrand livre, journal, livres auxiliaires : comptabilité des salaires, des débiteurs et des créanciers, inventaire des stocks | 10 ans | fin de l’exercice | Papier ou numérique | Art. 958f COArt. 1 Olico |
| Pièces comptablesFactures reçues et émises, quittances, relevés bancaires, notes de frais, fiches de salaire, contrats qui justifient une écriture | 10 ans | fin de l’exercice | Papier ou numérique | Art. 958f COArt. 957a al. 3 CO |
| Rapport de gestion et rapport de révisionComptes annuels (bilan, compte de résultat, annexe), rapport annuel, rapport de l’organe de révision | 10 ans, dont un exemplaire imprimé et signé | fin de l’exercice | Exemplaire imprimé et signé | Art. 958f CO |
| Documents TVADécomptes TVA, factures avec TVA, justificatifs de l’impôt préalable, documents d’importation | Jusqu’à la prescription absolue : 10 ans | fin de la période fiscale (année civile) | Papier ou numérique | Art. 70 LTVAArt. 42 al. 6 LTVAArt. 122 OTVA |
| Documents TVA sur les immeublesPièces nécessaires pour calculer une prestation à soi-même ou un dégrèvement ultérieur de l’impôt préalable sur un bien immobilier | 20 ans | non précisé par la loi | Papier ou numérique | Art. 70 LTVA |
| Impôts directs (indépendants et personnes morales)Livres et pièces justificatives en relation avec l’activité | 10 ans | non précisé ; tenue et conservation selon le CO | Papier ou numérique | Art. 126 al. 3 LIFD |
| Registres de la loi sur le travailIdentité, activité, entrée et sortie, durées du travail, repos, pauses, suppléments, travail de nuit | 5 ans au moins | expiration de leur validité | Papier ou numérique | Art. 73 al. 2 OLT 1 |
| Livres d’une société radiéeSA, Sàrl et coopérative (art. 747, 826 et 913 CO), société en nom collectif ou en commandite (art. 590 CO) | 10 ans, en un lieu sûr | radiation du registre du commerce | Papier ou numérique | Art. 747 COArt. 590 CO |
| Contrats et correspondance hors comptabilitéRecommandationContrats, offres, courriers qui ne justifient aucune écriture | Pas de délai légal ; tant qu’une créance peut être réclamée : 10 ans en général, 5 ans pour les loyers, salaires et travaux d’artisans | exigibilité de la créance | Sans objet | Art. 127 COArt. 128 CO |
| Données personnelles sans obligation de conservationDossiers de candidats non retenus, copies de pièces d’identité, données de prospects | Détruire ou anonymiser dès qu’elles ne sont plus nécessaires | fin de la finalité du traitement | Sans objet | Art. 6 al. 4 LPD |
Calculer la date à partir de laquelle un document peut partir
Choisissez le type de document et indiquez son point de départ : la fin de l’exercice pour la comptabilité, l’année pour la TVA. Le calcul se fait dans votre navigateur, rien n’est envoyé.
Calculateur de conservation
Calculé dans votre navigateur. Rien n’est envoyé.Factures reçues et émises, quittances, relevés bancaires, notes de frais, fiches de salaire, contrats qui justifient une écriture
Un minimum : gardez plus longtemps si un contrôle fiscal, un litige ou une créance est encore ouvert.
À partir de quand le délai court
Pour la comptabilité, le délai ne part pas de la date de la facture mais de la fin de l’exercice auquel elle appartient (Art. 958f CO). Une facture du 3 janvier 2026 et une autre du 30 décembre 2026 appartiennent au même exercice : si celui-ci se termine le 31 décembre 2026, les deux doivent être gardées jusqu’au 31 décembre 2036 et peuvent être détruites dès le 1er janvier 2037.
Un exercice décalé change tout : si l’exercice court du 1er juillet 2025 au 30 juin 2026, ses pièces sont à garder jusqu’au 30 juin 2036.
Pour la TVA, la période fiscale est l’année civile (art. 34 al. 2 LTVA). Les pièces doivent être gardées jusqu’à la prescription absolue du droit de taxation, qui tombe 10 ans après la fin de cette année (Art. 42 al. 6 LTVA). Un contrôle annoncé interrompt la prescription ordinaire de 5 ans, mais jamais au-delà de ces 10 ans.
Pour les registres du temps de travail, le délai de 5 ans court dès que le registre cesse d’être valable (Art. 73 al. 2 OLT 1). Pour une société radiée, il court dès la radiation du registre du commerce (Art. 747 CO, Art. 590 CO).
Papier ou numérique : peut-on jeter l’original après l’avoir scanné ?
Oui, pour les livres et les pièces comptables. La loi les admet « sur support papier, sur support électronique ou sous toute forme équivalente », à deux conditions : que le lien avec l’opération reste garanti et que la lecture reste possible en tout temps (art. 958f al. 3 CO). Une facture reçue en PDF est déjà une pièce électronique : il n’y a pas à l’imprimer.
La TVA ne pose pas de règle à part : les pièces électroniques suivent les mêmes articles du CO et la même ordonnance (Art. 122 OTVA).
Ce que l’Olico exige d’une archive numérique
- Intégrité : un document ne peut pas être modifié sans que la modification soit apparente (art. 3).
- Documentation : l’organisation, les responsabilités, les procédures et les outils utilisés sont décrits par écrit, et ces instructions sont conservées aussi longtemps que les livres (art. 4).
- Disponibilité : toute personne autorisée doit pouvoir consulter les pièces dans un délai raisonnable, et elles doivent pouvoir être rendues lisibles (art. 6).
- Organisation : les archives sont séparées des données courantes, et la responsabilité de l’archive est consignée (art. 7).
- Accès : les informations sont inventoriées, protégées contre les accès non autorisés, et les consultations sont enregistrées (art. 8).
- Supports : un support non modifiable, ou un support modifiable avec signature électronique, horodatage, procédures consignées et journaux conservés (Art. 9 Olico).
- Contrôle et migration : la lisibilité est vérifiée régulièrement ; un changement de format ou de support est permis s’il est complet, exact et consigné dans un procès-verbal (art. 10).
Après la fermeture de l’entreprise
Les livres d’une SA, d’une Sàrl ou d’une coopérative radiée sont conservés 10 ans après la radiation, en un lieu sûr désigné par les liquidateurs ou, à défaut d’accord, par l’office du registre du commerce (art. 747, 826 et 913 CO). La même règle vaut pour une société en nom collectif ou en commandite (art. 590 CO). Pour une entreprise individuelle, les délais ordinaires continuent de courir.
Données personnelles : conserver ce qu’il faut, pas plus
La loi sur la protection des données va dans l’autre sens : une donnée personnelle est détruite ou anonymisée dès qu’elle n’est plus nécessaire (Art. 6 al. 4 LPD). Une fiche de salaire reste une pièce comptable et se garde 10 ans ; le dossier d’un candidat non retenu, lui, n’a aucune raison d’être gardé une fois le poste pourvu.
En pratique : une archive qui tient dix ans
- Classez par exercice, pas par année civile : c’est l’exercice qui fixe la date de destruction.
- Gardez le fichier tel qu’il est arrivé : le PDF reçu par e-mail est l’original électronique.
- Écrivez votre procédure (qui scanne, où, comment on vérifie) : l’Olico demande cette documentation.
- Planifiez une revue chaque année, en janvier : ce qui a atteint sa date peut partir, sauf contrôle ou litige en cours.
- Vérifiez avec votre fiduciaire que votre organisation, quel que soit l’outil, remplit les conditions de l’Olico.
Dans Filetable, chaque document reçu est lu : sa date, son fournisseur et son montant arrivent dans un tableau, chaque valeur reliée à l’endroit où elle a été lue. Le drive intelligent range ensuite les fichiers selon n’importe quelle colonne, par exemple l’exercice : retrouver ce qui a atteint sa date devient une seule recherche.
Questions fréquentes
Combien de temps garder les fiches de salaire en Suisse ?
10 ans à compter de la fin de l’exercice : ce sont des pièces de la comptabilité des salaires (art. 958f CO et art. 1 Olico). Les registres du temps de travail suivent un délai distinct d’au moins 5 ans (art. 73 OLT 1).
Faut-il garder les relevés bancaires 10 ans ?
Oui. Un relevé bancaire justifie des écritures : c’est une pièce comptable, à garder 10 ans à compter de la fin de l’exercice.
Le délai court-il depuis la date de la facture ?
Non. Il court depuis la fin de l’exercice auquel la facture appartient (art. 958f al. 1 CO). Avec un exercice qui se termine le 31 décembre 2026, toutes les factures de 2026 se gardent jusqu’au 31 décembre 2036.
Une facture reçue en PDF doit-elle être imprimée ?
Non. Les pièces comptables peuvent être conservées sous forme électronique, pour autant que le lien avec l’opération soit garanti et qu’elles restent lisibles (art. 958f al. 3 CO). Pour la TVA, l’art. 122 OTVA renvoie aux mêmes règles.
Une petite entreprise individuelle est-elle concernée ?
Oui. Sous 500 000 francs de chiffre d’affaires, elle peut tenir une comptabilité simplifiée (art. 957 al. 2 CO), mais la loi sur l’impôt fédéral direct impose de garder ses relevés et ses pièces justificatives pendant 10 ans (art. 126 al. 3 LIFD).
Que risque-t-on si des pièces manquent ?
Pour la TVA, l’administration peut taxer par estimation lorsque les documents font défaut (Art. 79 LTVA). Ne pas conserver ses livres, intentionnellement ou par négligence, est en outre puni d’une amende (Art. 325 CP).
Sources officielles
Chaque règle de ce guide est tirée de ces textes, tels que publiés sur Fedlex, le recueil officiel du droit fédéral. .
- Code des obligations (CO), art. 127, 128, 590, 747, 957 à 958f
- Ordonnance concernant la tenue et la conservation des livres de comptes (Olico)
- Loi sur la TVA (LTVA), art. 34, 42, 70 et 79
- Ordonnance régissant la TVA (OTVA), art. 122
- Loi sur l’impôt fédéral direct (LIFD), art. 126
- Ordonnance 1 relative à la loi sur le travail (OLT 1), art. 73
- Loi sur la protection des données (LPD), art. 6
- Code pénal (CP), art. 325
